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ACAATA et chômage volontaire : vos droits FIRE en 2026

Par Margaux Vidal · Publié le · 16 min de lecture

ACAATA, démission légitime, démission-reconversion et réexamen à 121 jours : ce que ces dispositifs ouvrent réellement à un candidat FIRE, avec les conditions et montants 2026.

Deux sigles reviennent régulièrement dans les discussions francophones sur la sortie anticipée du travail, et ils sont presque toujours mal compris. L’ACAATA, d’abord, présentée à tort comme une préretraite accessible sur demande. L’assurance chômage ensuite, que beaucoup imaginent mobilisable après un départ choisi, à condition de trouver la bonne formulation. Les deux idées reposent sur la même erreur de lecture : confondre un dispositif de réparation ou d’assurance avec un guichet de financement pour projet personnel.

Cet article traite les deux sujets ensemble parce qu’ils répondent à la même question pratique, celle du revenu de remplacement entre le dernier jour de travail et la liquidation de la retraite. Il détaille ce qu’est réellement l’ACAATA, qui y a droit, comment son montant se calcule et ce qu’elle interdit. Il détaille ensuite les trois portes qui permettent effectivement de percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi après un départ volontaire, avec leurs conditions chiffrées, et ce que la réforme entrée en vigueur le 1er avril 2025 a modifié. Il se termine sur la seule question qui compte pour un plan d’indépendance financière : jusqu’où ces dispositifs peuvent entrer dans un calcul, et à partir de quand ils deviennent une illusion coûteuse. Les règles et montants cités sont à jour au mois d’août 2026.

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Les seuils sociaux et les paramètres de l’assurance chômage évoluent régulièrement.

L’ACAATA peut-elle servir de rampe de sortie pour un projet FIRE ?

Non, sauf pour un profil très précis qui n’a rien à voir avec un choix de vie. L’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante est un dispositif de réparation collective, créé pour permettre à des salariés exposés à un cancérogène de quitter le travail avant l’âge légal, parce que leur espérance de vie a été statistiquement amputée. On n’y entre pas en fonction d’un patrimoine ou d’une envie, on y entre en fonction d’une exposition documentée.

L’ordre de grandeur du dispositif suffit à écarter toute confusion. Le rapport d’évaluation des politiques de sécurité sociale consacré aux accidents du travail et maladies professionnelles indique qu’environ 10 200 personnes percevaient l’allocation en 2025, pour un montant mensuel moyen brut de 2 769 euros. L’effectif progresse pour la deuxième fois seulement depuis seize ans, après une décrue continue liée à l’extinction progressive des cohortes exposées. Il s’agit d’un dispositif en fin de cycle, pas d’un guichet ouvert.

La confusion vient probablement du vocabulaire. Le mot cessation anticipée d’activité évoque une préretraite généraliste, alors que le sigle complet précise le champ : travailleurs de l’amiante. Deux autres dispositifs portent des noms voisins et n’ont aucun rapport, l’allocation temporaire d’attente pour certains publics étrangers et l’allocation de solidarité spécifique destinée aux chômeurs en fin de droits.

Reste que le mécanisme mérite d’être connu, pour deux raisons. La première est qu’il concerne réellement certaines carrières industrielles, chantiers navals, dockers, calorifugeage, flocage, et qu’un lecteur ayant travaillé dans ces secteurs a intérêt à vérifier son éligibilité. La seconde est qu’il illustre parfaitement la logique française du revenu de remplacement : une allocation généreuse, mais assortie d’une interdiction totale de cumul avec une activité, ce qui la rend incompatible avec la plupart des trajectoires de sortie progressive.

ACAATA : qui peut y prétendre et selon quelle formule d’âge

Deux portes d’entrée existent, et les deux supposent un lien établi avec l’amiante. La première concerne les personnes atteintes d’une maladie professionnelle reconnue au titre des tableaux 30, 30 bis ou 30 ter, qui peuvent demander l’allocation dès 50 ans. La seconde concerne les salariés ayant travaillé dans un établissement inscrit par arrêté ministériel sur la liste des sites de fabrication ou de traitement de l’amiante, ainsi que dans les activités de flocage et calorifugeage, la construction et réparation navales et le travail de docker professionnel.

Pour cette seconde voie, l’âge d’accès se calcule et ne se choisit pas. La fiche officielle de l’allocation des travailleurs de l’amiante publiée par l’Assurance maladie énonce la règle : le tiers du nombre de jours de travail effectués dans un des établissements identifiés est déduit de 60 ans. Un salarié ayant passé vingt-quatre ans dans un site listé se voit donc retrancher huit ans, ce qui l’amène à 52 ans. Le plancher absolu reste fixé à 50 ans, quelle que soit la durée d’exposition.

Le dispositif trouve son fondement dans l’article 41 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 1999, qui a créé le fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante. Ce fonds est géré pour le compte de l’État et financé par la branche accidents du travail et maladies professionnelles du régime général. La Caisse des dépôts en assure la gestion opérationnelle, tandis que l’instruction des demandes revient aux caisses régionales, Cramif pour l’Île-de-France et Carsat ailleurs, avec une décision notifiée dans un délai de deux mois.

Un point technique compte beaucoup pour la suite d’une carrière : la période passée sous ACAATA n’est pas une période blanche au regard de la retraite. Les cotisations d’assurance volontaire à l’assurance vieillesse et les contributions aux régimes de retraite complémentaire sont prises en charge par le fonds. Le bénéficiaire continue donc de constituer des droits, ce qui distingue radicalement ce dispositif d’un arrêt sec d’activité, où l’accumulation de trimestres s’interrompt du jour au lendemain. Ce sujet est développé dans notre guide sur la retraite française et la retraite anticipée.

Combien verse l’ACAATA et comment le montant se calcule

Le calcul repose sur deux taux appliqués à un salaire de référence, avec un plancher lié au SMIC. Le salaire de référence correspond à la moyenne des salaires bruts mensuels actualisés des douze derniers mois d’activité. L’allocation vaut ensuite 65 pour cent de ce salaire dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale, puis 50 pour cent de la fraction comprise entre une et deux fois ce plafond. Au-delà de deux plafonds, plus rien n’est pris en compte.

L’arrêté fixant le plafond de la sécurité sociale pour 2026 retient 4 005 euros par mois et 48 060 euros par an. Trois cas de figure en découlent. Un salaire de référence de 3 000 euros donne une allocation brute de 1 950 euros. Un salaire de 4 005 euros donne 2 603,25 euros. Un salaire de 8 010 euros, soit deux plafonds, donne le maximum théorique du dispositif, soit 2 603,25 euros plus 2 002,50 euros, c’est-à-dire 4 605,75 euros bruts par mois.

Un plancher protège les salaires les plus faibles. Le montant net de l’allocation ne peut pas descendre en dessous du montant brut mensuel du SMIC 35 heures, fixé à 1 867,02 euros depuis le 1er juin 2026. Ce plancher explique pourquoi le montant moyen constaté, 2 769 euros bruts, se situe nettement au-dessus de ce que produirait une application mécanique du taux de 65 pour cent sur des salaires industriels médians.

Le versement s’interrompt à la date d’ouverture du droit à une retraite au taux plein du régime général. L’ACAATA n’est donc pas une rente viagère mais un pont, calibré pour couvrir exactement l’intervalle entre la cessation d’activité et la liquidation des droits à retraite. Cette logique de pont est précisément celle qu’un plan d’indépendance financière doit reproduire par lui-même, avec son propre capital, selon la mécanique décrite dans notre article sur l’ordre de retrait entre PEA, assurance-vie et PER.

Ce que l’ACAATA interdit : cumul, activité, autres revenus

Le dispositif impose une double renonciation qui le rend incompatible avec toute forme de transition douce. Le bénéficiaire doit avoir cessé toute activité professionnelle, sans exception, et doit avoir renoncé au bénéfice de tout revenu de remplacement, allocation chômage ou indemnités journalières comprises.

Cette exigence de cessation totale disqualifie d’emblée les stratégies hybrides. Un projet de type Barista FIRE, qui repose sur une activité réduite conservée pour couvrir une partie des dépenses courantes, est mécaniquement exclu. Une mission de conseil ponctuelle, un statut d’auto-entrepreneur dormant activé quelques jours par an, une gérance non rémunérée assortie d’une rémunération occasionnelle : tout cela ferme la porte.

En revanche, les revenus du patrimoine ne sont pas visés par cette interdiction, puisqu’il ne s’agit ni d’une activité professionnelle ni d’un revenu de remplacement. Loyers, dividendes, plus-values et rachats sur contrat continuent d’être perçus normalement. La différence avec le régime des minima sociaux est ici radicale, puisque le calcul du revenu de solidarité active intègre au contraire les capitaux, y compris improductifs, comme nous l’avons montré dans notre analyse du RSA comme prétendu filet de sécurité FIRE.

Un dernier point mérite attention : l’allocation est soumise aux prélèvements sociaux, et son traitement fiscal suit celui des revenus de remplacement. La question du taux marginal d’imposition pendant une phase de sortie est traitée dans notre article sur les impôts en retraite anticipée.

Chômage volontaire : pourquoi une démission sèche n’ouvre aucun droit

L’assurance chômage indemnise la perte involontaire d’emploi, ce qui exclut par construction le départ choisi. La démission est un acte unilatéral du salarié, elle ne peut pas être requalifiée en privation involontaire d’emploi par le simple fait qu’elle serait motivée par un projet personnel, une lassitude ou un désaccord non formalisé.

La fiche officielle sur l’allocation chômage en cas de démission pose le principe puis énumère les exceptions, sous forme de liste limitative. France Travail recense de son côté les cas de démission ouvrant droit à l’allocation, une quinzaine de situations très typées : suivre la personne avec qui l’on vit en couple et qui est mutée, se marier ou se pacser avec changement de résidence, quitter un emploi après des violences conjugales ayant donné lieu à plainte, subir un défaut de paiement des salaires constaté par le conseil de prud’hommes, être victime d’un acte délictueux au travail, achever un service civique d’au moins un an, ou encore mettre fin à une création d’entreprise qui a échoué.

Aucun de ces motifs ne correspond à un projet d’arrêt d’activité financé par un patrimoine. Tenter de faire entrer un départ FIRE dans l’une de ces cases suppose une déclaration inexacte, dont les conséquences vont de la récupération des sommes versées à des sanctions plus lourdes. Ce n’est pas une zone grise, c’est une frontière nette.

Une nuance existe pour les salariés qui viennent de perdre un emploi. Depuis le 1er avril 2025, un salarié qui démissionne d’un contrat à durée indéterminée après moins de 88 jours travaillés, soit 610 heures ou quatre mois, alors qu’il avait précédemment perdu un emploi de façon involontaire, conserve la possibilité d’être indemnisé. Le seuil précédent était de 65 jours travaillés, 455 heures ou trois mois. Ce cas vise les reprises d’emploi qui tournent court, pas les sorties planifiées.

Reste enfin le sujet du mode de rupture négocié. La rupture conventionnelle demeure la voie la plus fréquemment empruntée par les candidats à une sortie anticipée, parce qu’elle ouvre droit à l’allocation et donne lieu à une indemnité spécifique. Elle suppose l’accord de l’employeur, qui n’est jamais tenu de l’accepter. Notre checklist des douze mois avant la sortie du travail détaille la préparation de cette négociation et le calendrier des différés d’indemnisation.

Les trois portes réelles vers l’ARE après un départ choisi

Trois mécanismes permettent d’obtenir l’allocation malgré un départ à l’initiative du salarié, et chacun impose une contrepartie sérieuse.

La première porte est la démission légitime, déjà décrite. Elle est étroite, factuelle, et repose sur des justificatifs objectifs. Elle ne se négocie pas et ne s’interprète pas : soit la situation figure dans la liste, soit elle n’y figure pas.

La deuxième porte est la démission pour projet de reconversion professionnelle, ouverte depuis novembre 2019 via le portail demission-reconversion.gouv.fr. Elle exige 1 300 jours travaillés au cours des cinq dernières années, un accompagnement préalable par un conseil en évolution professionnelle et la validation du caractère réel et sérieux du projet par une commission régionale. Le projet doit être une reconversion vers un nouveau métier ou une création ou reprise d’entreprise. L’Unédic a publié une analyse des parcours des bénéficiaires dans les 24 premiers mois : 27 000 allocataires indemnisés à ce titre fin 2024, 18 000 entrées dans l’année, 540 millions d’euros d’allocations soit 1 pour cent des dépenses d’indemnisation, et environ sept bénéficiaires sur dix engagés dans une démarche entrepreneuriale.

Ce dernier chiffre est instructif pour un lecteur intéressé par l’indépendance financière. Le dispositif ne finance pas l’arrêt du travail, il finance le changement de travail. Un projet de création d’activité indépendante peut parfaitement s’y inscrire, ce qui rejoint la logique développée dans notre article sur le freelancing comme accélérateur d’indépendance financière. Une déclaration d’intention de cesser toute activité, en revanche, ne franchira pas la commission.

La troisième porte est le réexamen après 121 jours. Un démissionnaire non indemnisé peut saisir France Travail au bout d’environ quatre mois de chômage. L’instance paritaire régionale examine alors deux éléments : le respect de toutes les conditions d’attribution hors caractère involontaire de la rupture, et la preuve de recherches d’emploi actives, de reprises d’activité même brèves et de démarches de formation. En cas d’accord, le versement démarre au 122e jour au plus tôt. Le mécanisme existe donc réellement, mais il exige de démontrer pendant quatre mois une recherche d’emploi effective, ce qui est l’exact opposé d’un projet d’arrêt.

Ce que la réforme du 1er avril 2025 change pour un départ anticipé

Quatre paramètres modifiés en 2025 pèsent directement sur un plan de sortie construit avec une parenthèse d’indemnisation. L’Unédic les a récapitulés dans sa note sur ce qui change au 1er avril.

Le premier est la condition d’affiliation, maintenue à six mois de travail, soit 130 jours travaillés ou 910 heures, au cours des 24 derniers mois. La période de référence passe à 36 mois à partir de 55 ans, contre 53 ans auparavant, alignement direct sur la réforme des retraites de 2023.

Le deuxième est la durée maximale d’indemnisation, qui s’établit à 18 mois soit 548 jours avant 55 ans, 22,5 mois soit 685 jours entre 55 et 56 ans, et 27 mois soit 822 jours à partir de 57 ans. Un candidat de 45 ans ne peut donc compter que sur un an et demi maximum, différés déduits.

Le troisième est la mensualisation du versement, désormais calculé sur une base de 30 jours par mois, avec report en fin de droit des jours correspondant aux mois de 31 jours. L’effet est neutre sur le total mais modifie le calendrier de trésorerie, ce qui compte quand on synchronise des retraits de portefeuille avec des entrées d’allocation.

Le quatrième est l’abaissement du seuil de la dégressivité, qui ne s’applique plus à partir de 55 ans au lieu de 57 ans. Pour les allocations élevées, la réduction du montant après plusieurs mois d’indemnisation intervient donc plus tôt dans la carrière qu’auparavant.

Ces paramètres bougent à chaque convention d’assurance chômage. Construire un plan qui dépend de leur stabilité sur cinq ou dix ans revient à parier sur un cadre réglementaire hors de votre contrôle, ce qui est exactement le type de dépendance qu’un projet d’indépendance financière cherche à supprimer.

Intégrer ces dispositifs dans un plan FIRE sans en dépendre

La bonne méthode consiste à traiter toute allocation comme un bonus de trésorerie, jamais comme une ligne de financement du plan. Trois règles pratiques permettent de tenir cette discipline.

La première règle est de calculer votre objectif de capital sans aucune allocation. Votre FIRE number doit couvrir vos dépenses annuelles multipliées par l’inverse de votre taux de retrait cible, indépendamment de toute prestation sociale. Si votre plan ne tient qu’avec 18 mois d’assurance chômage, il ne tient pas : il repousse simplement le problème d’un an et demi. La méthode de dimensionnement est détaillée dans notre approche du calcul du FU money et du SWR retenu.

La deuxième règle est d’affecter une éventuelle indemnisation à la protection contre le risque de séquence de rendements plutôt qu’à la consommation courante. Une allocation perçue pendant les douze à vingt-quatre premiers mois de sortie évite de vendre des actifs pendant une phase baissière, période où chaque euro retiré coûte le plus cher en durée de vie du portefeuille. Cet usage transforme une prestation temporaire en assurance ciblée sur le moment le plus fragile du plan.

La troisième règle est de sécuriser la couverture santé avant tout le reste. La fin du contrat de travail entraîne la perte de la mutuelle collective au terme de la portabilité, et un rentier sans revenu d’activité peut devenir redevable de la cotisation subsidiaire maladie sur ses revenus du capital. Notre article sur la santé et la mutuelle après un arrêt FIRE chiffre ce poste, largement sous-estimé dans les budgets prévisionnels.

Une observation pour finir sur l’ACAATA. Ce dispositif verse en moyenne 2 769 euros bruts par mois jusqu’à la retraite à taux plein tout en continuant de valider des droits. Reproduire ce flux avec un capital personnel, sur une durée de dix ans, suppose une épargne conséquente, ce que la règle des 25x permet d’estimer rapidement pour un flux perpétuel. La comparaison n’a rien d’anecdotique : elle rappelle que la valeur économique d’un revenu de remplacement garanti est très supérieure à ce que suggère son montant mensuel, et qu’un plan FIRE qui remplace ce filet doit être dimensionné en conséquence.

Ce qu’il faut retenir avant de compter sur un revenu de remplacement

Quatre constats résument la situation pour un projet d’indépendance financière en France.

  • L’ACAATA n’est pas une préretraite universelle. Elle répare une exposition professionnelle à l’amiante, concerne environ 10 200 personnes en 2025 et impose la cessation totale de toute activité ainsi que la renonciation à tout autre revenu de remplacement.
  • Une démission sèche n’ouvre aucun droit. Les seules exceptions sont une liste limitative de démissions légitimes, la démission-reconversion soumise à 1 300 jours travaillés sur cinq ans et à la validation d’un projet, et le réexamen par l’instance paritaire régionale après 121 jours de chômage documenté.
  • La démission-reconversion finance un changement, pas un arrêt. Sept bénéficiaires sur dix créent ou reprennent une entreprise, et le dispositif suppose un projet instruit et validé, incompatible avec une déclaration d’arrêt d’activité.
  • Les paramètres bougent. Condition d’affiliation, durée maximale d’indemnisation, seuil de dégressivité et âges pivots ont tous été modifiés au 1er avril 2025. Un plan qui repose sur leur stabilité future est un plan exposé.

La conséquence pratique tient en une phrase : dimensionnez votre capital comme si aucune allocation n’existait, puis traitez celle que vous obtiendrez éventuellement comme un coussin supplémentaire affecté aux premières années de retrait. C’est la seule configuration où un revenu de remplacement renforce un plan d’indépendance financière au lieu de le fragiliser.

Sources et références

Information éditoriale : cet article a été rédigé par Margaux Vidal pour Liberté-FI. Les contenus sont publiés à titre informatif et pédagogique. Ils ne constituent pas un conseil financier personnalisé au sens de la directive MIF II. Avant toute décision patrimoniale significative, consultez un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) agréé par l’AMF ou l’ACPR.

Questions fréquentes

Un candidat au FIRE peut-il demander l'ACAATA pour partir plus tôt ?
Non, sauf s'il remplit les conditions très restrictives du dispositif amiante. L'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante ne se demande pas au titre d'un projet personnel : elle suppose soit une maladie professionnelle reconnue au titre des tableaux 30, 30 bis ou 30 ter, soit un passage documenté dans un établissement inscrit sur une liste ministérielle. L'âge d'accès se calcule en déduisant de 60 ans le tiers du nombre de jours travaillés dans un de ces établissements, avec un plancher à 50 ans. Environ 10 200 personnes en bénéficiaient en 2025, sur un effectif national de plusieurs millions de retraités anticipés potentiels. Ce n'est donc pas un levier FIRE, c'est une réparation ciblée.
La démission ouvre-t-elle droit à l'allocation chômage en 2026 ?
En principe non. La démission est un départ volontaire et l'assurance chômage indemnise la perte involontaire d'emploi. Trois exceptions existent. La première est la liste limitative des démissions dites légitimes, qui couvre notamment le suivi de conjoint muté, le mariage ou le PACS entraînant un déménagement, les violences conjugales avec plainte, le non-paiement des salaires ou la fin d'un service civique d'au moins un an. La deuxième est la démission pour projet de reconversion professionnelle, ouverte à partir de 1 300 jours travaillés sur les cinq dernières années et sous réserve d'une validation du projet. La troisième est le réexamen par l'instance paritaire régionale après 121 jours de chômage non indemnisé.
Comment fonctionne le réexamen après 121 jours de chômage ?
Un démissionnaire non indemnisé peut demander à France Travail de réexaminer sa situation après 121 jours de chômage, soit environ quatre mois. Le dossier est instruit par l'instance paritaire régionale, qui vérifie deux points : que toutes les conditions d'attribution de l'allocation d'aide au retour à l'emploi sont réunies, hors caractère involontaire de la rupture, et que le demandeur apporte la preuve de recherches d'emploi actives, de reprises d'activité même courtes et de démarches de formation. En cas d'accord, le versement démarre au 122e jour au plus tôt. Ce mécanisme n'a rien d'automatique et suppose une démarche de retour à l'emploi documentée, ce qui contredit frontalement un projet d'arrêt définitif.
La démission-reconversion peut-elle financer une transition vers l'indépendance financière ?
Elle finance une transition professionnelle, pas un arrêt d'activité. Le dispositif exige 1 300 jours travaillés au cours des cinq dernières années, un accompagnement par un conseil en évolution professionnelle et la validation du caractère réel et sérieux du projet par une commission régionale. Le projet doit être une reconversion vers un nouveau métier ou une création ou reprise d'entreprise. Selon l'Unédic, 27 000 allocataires étaient indemnisés à ce titre fin 2024, pour 18 000 entrées dans l'année et 540 millions d'euros d'allocations. Environ sept bénéficiaires sur dix s'engagent dans une démarche entrepreneuriale. Un profil qui déclare vouloir cesser toute activité ne remplit pas les critères.
Faut-il intégrer l'allocation chômage dans un plan FIRE ?
Elle peut figurer comme amortisseur, jamais comme pilier du financement. Une indemnisation obtenue après une rupture conventionnelle allonge la durée de vie du portefeuille pendant un à deux ans, ce qui atténue le risque de séquence de rendements des premières années. Mais elle reste conditionnée à l'accord de l'employeur, soumise à des différés d'indemnisation, plafonnée dans le temps et assortie d'obligations de recherche d'emploi. La durée maximale est de 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois entre 55 et 56 ans et 27 mois à partir de 57 ans. Un plan qui ne tient que grâce à cette parenthèse n'est pas un plan financé, c'est un plan reporté.
L'ACAATA est-elle accessible aux indépendants et aux fonctionnaires ?
Le dispositif de droit commun vise les salariés relevant du régime général et affiliés à la branche accidents du travail et maladies professionnelles. Des régimes spécifiques existent par ailleurs pour certains agents publics et pour les militaires reconnus atteints d'une maladie professionnelle provoquée par l'amiante, avec leurs propres textes et leurs propres conditions. Un travailleur indépendant n'ayant jamais été salarié dans un établissement listé n'entre dans aucun de ces cadres.
Peut-on toucher l'ACAATA et des revenus locatifs en même temps ?
Oui. L'interdiction de cumul porte sur l'activité professionnelle et sur les revenus de remplacement, pas sur les revenus du patrimoine. Loyers, dividendes, intérêts et rachats sur contrat d'assurance-vie ne remettent pas en cause le droit à l'allocation. Une activité de loueur en meublé professionnel, en revanche, s'analyse comme une activité professionnelle et pose la question différemment. Un examen de la situation avec la caisse régionale s'impose avant tout montage.
Combien de temps faut-il attendre entre une démission et le premier versement d'ARE ?
Dans le cas d'une démission légitime, l'instruction suit le calendrier ordinaire, avec les différés d'indemnisation applicables à toute rupture. Dans le cas d'une démission-reconversion, le versement suit la validation du projet et l'inscription comme demandeur d'emploi. Dans le cas d'un réexamen par l'instance paritaire régionale, il faut compter 121 jours de chômage avant même de pouvoir déposer la demande, et le versement ne peut pas démarrer avant le 122e jour. Ce dernier scénario suppose donc de financer quatre mois complets sur sa trésorerie personnelle, sans garantie d'issue favorable.
Un abandon de poste permet-il de contourner la règle sur la démission ?
Non. Depuis l'entrée en vigueur de la présomption de démission issue de la loi sur le marché du travail, un salarié qui abandonne son poste et ne le reprend pas après mise en demeure de l'employeur est présumé démissionnaire. Il perd donc l'accès à l'allocation chômage dans les mêmes conditions qu'un démissionnaire ordinaire. La stratégie consistant à provoquer un licenciement pour obtenir une indemnisation est à la fois risquée sur le plan des droits et fragile sur le plan des relations professionnelles.
Les trimestres de retraite continuent-ils d'être validés pendant une période d'indemnisation ?
Oui, dans les deux cas examinés ici, mais selon des mécanismes différents. Sous ACAATA, les cotisations d'assurance vieillesse et de retraite complémentaire sont prises en charge par le fonds dédié. Sous allocation chômage, les périodes indemnisées sont assimilées à des périodes d'assurance dans la limite fixée par la réglementation, avec des points attribués au titre des régimes complémentaires. Un arrêt d'activité non indemnisé, en revanche, ne valide rien du tout, ce qui pèse mécaniquement sur la pension future.

Margaux Vidal

Rédactrice indépendance financière

Margaux Vidal rédige les guides de Liberté-FI sur l'indépendance financière : règle des 4 %, taux de retrait sûr, allocation d'actifs, fiscalité du PEA et de l'assurance-vie. Elle s'appuie sur les données publiques (INSEE, AMF, études académiques sur le SWR) pour vulgariser les mécanismes du FIRE en France.

Information éditoriale. Liberté-FI est un média d'information sur l'indépendance financière. Les contenus sont publiés à titre informatif et pédagogique uniquement. Ils ne constituent pas un conseil financier personnalisé au sens de la réglementation MIF II. Avant toute décision d'investissement, consultez un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) agréé par l'AMF ou l'ACPR.

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